P2h.fr : Pierre Hugues HERBERT - Apprenti champion du tennis AlsacienPartenaires Pierre Hugues HERBERT

Article du mois


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Saison 2009, P2h finit N°9 mondial


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Vainqueur cette saison du N°1 et du N°2 mondial lors de leur seule confrontation, à 2 doigts de terminer N°5 au terme de l'ultime match de sa carrière internationale chez les jeunes, pas si loin que ça non plus d'atteindre la plus haute marche, Pierre-Hugues Herbert, vainqueur à Wimbledon et demi-finaliste en simple à l'US Open, termine donc l'année dans le TOP 10 mondial Junior.
C'est un résultat phénoménal pour ce jeune espoir alsacien, qui est épaulé et entraîné au quotidien chez lui, dans son club à Strasbourg par son père Jean-Roch. 
Quand on sait que le jeune homme fréquente encore le lycée de l'autre côté de la frontière à Kehl, on mesure encore mieux l'exploit peu banal réalisé par le tandem père et fils dans un univers qui se professionnalise de façon de plus en plus précoce et où dominent les fédérations, les grandes académies, et où évidemment  les jeunes qui poursuivent des études ordinaires se font denrée de plus en plus rare.

Documents références à consulter :

2009 Year End Boys Combined Rollover Ranking Numerical (21-12-09)

Best X final P2h (Bilan de points ITF calculé fin de saison 2009)

ITF Top Ten Year End Rankings (2009 et 1999)

Bonne chance Ügi sur le Grand Circuit (avec récapitulatif palmarès ITF 2009)

Article L'Alsace du 06/01/10 "Pierre-Hugues Herbert passe son Abibac d'abord"

Projet Haut Niveau PH Herbert 2010/2011 (phase 3)



3 dans les 10 ! P2h comme PHM...

ITF Juniors. "Year End Ranking 2009". Trio de tête et trio gagnant... Gianni Mina N°2, Julien Obry N°5, Pierre-Hugues Herbert N°9.
En cette fin d'année et à l'heure du bilan, la France place 3 de ces juniors garçons dans le TOP 10 mondial de la catégorie. Si l'on y ajoute, chez les filles, la place de N°1 de Kristina Mladenovic, c'est un résultat inégalé du côté des autres nations et une performance d'ensemble qui témoigne de l'excellente santé du tennis tricolore face à une concurrence qui se fait pourtant chaque année de plus en plus pressante.



Cela mérite même un grand cocorico, puisqu'il faut remonter à la génération 81-82 pour retrouver nos jeunes espoirs à pareille fête sur le circuit ITF Junior.
10 ans plus tôt en effet, au terme de la saison 1999, la France plaçait aussi 3 de ses représentants dans le TOP 10. Leurs noms ? Eric Prodon, N°3. Nicolas Mahut, N°5. Paul-Henri Mathieu, N°8.
Là s'arrête sans doute la comparaison. Mais le parallèle conserve tout son caractère symbolique pour P2h, l'apprenti champion, qui marche plus que jamais sur les traces de PHM, son glorieux aîné alsacien. Et il illustre également l'ampleur de l'exploit accompli chez les Juniors par le premier nommé, face à une concurrence, nous l'évoquions plus haut, pourtant de plus en plus relevée. 

N°1 en puissance ?

Ça laisse rêveur évidemment. Pierre-Hugues lui-même n'en revient pas...
Mais oui, rétrospectivement parlant, s'ii se remémore en détail l'ensemble de cette saison 2009, lui, le principal intéressé doit bien admettre qu'il l'était bel et bien, à quelques points, à quelques courtes victoires près, N°1 en puissance... Bien sûr, il n'était pas le seul à se trouver dans ce cas de figure, en mesure de briguer la plus haute marche du tennis mondial. C'est un privilège qu'il a partagé avec quelques autres candidats qui auront eux aussi manqué de peu, de très peu, d'atteindre l'objectif suprême.



Ah, me direz-vous ! Si tout était à refaire...
Pierre-Hugues passerait-il encore complètement à côté de sa fin de saison en simple ? Comme il l'a fait au Japon en octobre, ou en Floride début décembre...
Se ferait-il une nouvelle fois hara-kiri à Osaka (piteuse défaite contre le N°437 mondial !!!), alors même que le titre de "Champion du Monde Junior" semblait presque lui tendre les bras en quart de finale de ce Grade A, dans un tableau de simple dégarni de toutes ses principaux favoris...??? Raterait-il une deuxième fois le coche dans un tournoi qu'il ne restait plus qu'à habilement "chaparder" au nez et à la barbe de tout le monde, pour se retrouver tout d'un coup propulsé la semaine suivante, à l'entrée de la dernière ligne droite, N°2 mondial...???
Et même après une telle bévue, Pierre-Hugues laisserait t'il échapper aussi une place de N°5 mondial à 2 points près, alors qu'elle se trouvait au bout de sa raquette (et de celle de Kevin Krawietz) en finale du double de l'Orange Bowl, finalement perdue sur le fil 10/8 au super tie-break...???
Des erreurs de jeunesse probablement, des occasions manquées sans doute qui montrent la perfectibilité du jeune homme, et vous donnent en même temps le vertige, ou prêtent à sourire au regard malgré tout de l'énormité du résultat accompli...
N°9 mondial !  Qui aurait osé prédire 3 ou 4 ans plus tôt, quand le moussaillon se prenait déculottée sur déculottée sur le circuit des -16 par exemple, qu'il terminerait là sa carrière chez les juniors ?
Qui aurait pu prétendre que lui, le lycéen, le petit artisan, qui poursuit ses études presque comme tout le monde, en s'entraînant à la petite semaine dans son club, avec papa et les copains, damerait le pion à toutes les grosses armadas, toutes les fédérations, toutes les plus prestigieuses académies de tennis du monde... Un vrai conte de fée cette histoire-là !!!...
Donc point de regrets, mais plutôt de la fierté...
En livrant quelques autres éléments concrets qui permettent d'un peu mieux resituer la performance du joueur dans son contexte réel :
- P2h finit N°9 en ayant affronté dans la saison 4 joueurs du TOP 10, avec un bilan en sa faveur face à eux de 3 victoires pour 1 défaite ;
- plus précisément, sur les 4 matches en question, P2h accroche à son tableau de chasse et en 2 sets le suédois Daniel Berta, N°1 mondial, Gianni Mina, le N°2, et l'américain Mitchell Frank, N°6, ne s'inclinant que contre le N°3, l'argentin Agustin Velotti ;
- P2h est certes l'un de ceux qui a le plus écumé le circuit en 2009 (18 tournois disputés), mais c'est peut-être aussi l'un des seuls à ne s'être aligné dans aucun tournoi "facile", ayant emprunté la "voie royale", celle des compétitions les plus cotées, où étaient systématiquement présents les meilleurs joueurs du monde ;
- P2h est aussi l'un de ceux qui a été le plus constant dans les tournois du Grand Chelem, pouvant sans doute se vanter d'avoir réalisé dans ceux-ci, simple et double confondus, juste derrière le français Gianni Mina, le deuxième meilleur parcours d'ensemble parmi les membres du TOP 10.



Autrement dit, le garçon n'est pas arrivé là par hasard. Il n'a pas usurpé sa position dans le TOP 10, bien au contraire. Il l'a obtenu en passant par la grande porte, et en tirant tout droit, en pleine conformité avec la logique de son projet depuis le commencement.
Il suffisait d'y croire.


Les absents ont toujours tort

Qui sont véritablement les meilleurs juniors du monde ?
Certains ont plaisir à dire qu'ils ne sont pas, qu'ils ne sont plus sur le circuit Junior, qu'ils évoluent tous sur le circuit ATP, n'ayant plus de temps à perdre dans des compétitions sans intérêt.
On citera à ce propos des joueurs classés déjà, à 17 ou 18 ans, aux alentours du 300e rang mondial ATP.
Oui, et alors ? C'est certain. Aux vingt premiers noms du classement ITF Junior, pour cerner l'élite du tennis mondial moins de 18 ans, il faut sans doute en rajouter une bonne vingtaine d'autres, correspondant à des joueurs disputant avec un certain succès, et souvent beaucoup de "wild cards" des Futures, des Challengers, ou mieux, sur le grand circuit.
Mais, en même temps, il faut bien dire aussi que quand ces gars-là refont quelques apparitions fugitives sur le circuit -18, ils ne cassent pas pour autant la baraque, ne dominent pas plus que cela la catégorie.



L'argument qui consiste à dire que c'est une perte de temps pour les meilleurs de jouer les grands tournois juniors est sans doute donc une vaste fumisterie. La vérité, c'est que la plupart, plus ou moins bien conseillés par leur entourage, ne prennent pas le risque de s'exposer publiquement à quelques revers qui terniraient quelque peu leur image d'invincibilité ou de supériorité par rapport aux "petits bras" qui font joujou sur l'ITF Junior.
Ils se privent donc ainsi notamment du plaisir de jouer les tournois juniors du Grand Chelem, sans aucune certitude de parvenir un jour à pouvoir revenir y participer pour de bon chez les pros.
C'est sans doute un non-sens, cette tendance correspondant à la surenchère généralisée qui se pratique à l'heure actuelle dans ce domaine, et qui n'est rien d'autre qu'une forme de snobisme. Course effrénée aux résultats... Extrême précocité.... On veut brûler aujourd'hui les étapes, sans respecter notamment celles du développement des adolescents. On hypothèque ainsi grandement l'avenir de ces prétendus futurs champions. Jusqu'où ira-t-on ? En fait, il y a fort à parier que cette tendance va s'inverser dans les années qui viennent, tant la stupidité de la démarche et les dégâts qu'elle provoque semblent évidents à de nombreux observateurs.
Tous les meilleurs juniors du monde tenteront vraisemblablement de revenir disputer notamment les tournois du Grand Chelem, comme Bernard Tomic, tout TOP 300 ATP qu'il était, l'a courageusement fait cette année, pour finalement à sa 3e tentative de la saison, après quelques soucis à Roland Garros et Wimbledon, réussir enfin à accrocher avec l'US open un 2e Grand Chelem à son palmarès.


Le dernier des Mohicans...

On imagine difficilement l'ampleur du phénomène décrit plus haut. C'en est pour ainsi dire cocasse.
Tenez-vous bien. Il n'y avait que 6 joueurs nés en 91, soit 6 "juniors 2" sur 64, présents à Key Biscayne pour disputer l'Orange Bowl au début du mois de décembre dernier.
Où étaient les autres, à une période où il fait si bon venir s'entraîner en Floride et où il n'y a quasiment plus aucun tournoi pro de par le monde ?
Allez savoir !
Ne joue-t-on pas ce genre de tournoi pour apprendre, pour se confronter aux meilleurs joueurs de sa génération ? Kristina Mladenovic était assurée de finir haut la main N°1 mondiale par exemple, et elle est quand même venue. Et elle a peiné pour se hisser en finale, une finale qu'elle a malheureusement perdue contre Gabriela Dabrowski, N°63 ITF et à quelques places près 800 WTA. C'est très bien. Cela ne retire rien à ses résultas précédents. Ça remet juste les pendules à l'heure et prouve tout simplement qu'elle a eu raison de venir.
Les français, heureusement, donnent l'exemple dans ce domaine, contrairement aux américains désespérément absents en l'occurrence sur leurs terres. Quel que soit leur âge ou leur niveau, ils ne désertent pas prématurément le circuit.
L'an dernier, pour prendre un exemple similaire, Guillaume Rufin était venu à Miami alors qu'il était déjà pleinement engagé sur le circuit ATP. Et il avait pu y faire le point : défaite au 1er tour en simple à l'Eddie Herr, au second à l'Orange Bowl, plus un "first" aussi en double dans le même tournoi. Quand on voit où il en est parvenu aujourd'hui, N°170 ATP, c'est éloquent.



Pierre-Hugues
, comme quelques autres exceptions qui confirment la règle, n'a donc pas fui ses responsabilités. Il y a fait face jusqu'au bout du bout. Et la dernière piqûre de rappel, un peu cruelle, lui a sans doute remis comme à beaucoup d'autres l'esprit en place. C'est tout bénéf' !
Pourquoi se hâter de filer jouer chez les seniors ? De toutes façons, ça frappe plus fort, ça sort mieux de la raquette chez les juniors, même si l'expérience y fait quelque fois défaut.
Pierre-Hugues n'a joué que 4 tournois pro en 2009 (Vaduz, St Brieuc, Cologne, Mulhouse). Il n'avait pas le temps de faire plus, vu qu'il a choisi de privilégier le circuit Junior. Tant mieux, même si à ce compte-là, pour un "junior 2", il passe un peu dans le paysage actuel pour le "dernier des Mohicans"...


Ügi, joueur de double ?

Autre a priori très répandu qui mérite aussi d'être taillé en pièce, l'ineptie qui consiste à dire que le fait de mêler dans le décompte des points simple et double fausse le résultat final, et que seuls devraient valoir les résultats de simple pour établir une hiérarchie équitable chez les -18.
Sous-entendu : le double est une discipline très accessoire qu'il vaudrait mieux faire disparaître ; il n'a aucune valeur et aucun intérêt.



Pourtant les autorités de l'ITF en ont jugé autrement en instituant depuis 2004, pour valoriser justement sans doute la discipline et en faire ressortir le caractère formateur, le classement combiné en lieu et place des 2 classements séparés qu'il y avait auparavant à l'instar du circuit pro.
Une petite dose de résultats de double (pour 1/5e de la note environ) a donc été introduite dans le calcul du bilan de points de chaque joueur pour l'établissement du "ranking" junior mondial. Pas de quoi fouetter un chat d'ailleurs ! L'essentiel demeurant de réussir en simple, puisqu'il est quasiment impossible à ce régime-là d'entrer dans le TOP 10 sur la seule base de quelques gros résultats en double.
Seuls les 6 meilleurs résultats de chaque étant retenus, Pierre-Hugues, qui s'est affirmé être le 2e meilleur spécialiste au monde en double après le taïwanais Cheng-Peng Hsieh, 4 fois déjà titré en Grand Chelem, comptabilise ainsi en fin d'année 885pts dans la discipline qui, une fois divisés par 4, n'en font plus que 221,25 à ajouter aux 520pts obtenus en simple, et ce pour un bilan total de 741,25.
Malgré une saison en tous points exceptionnelle et une extrême régularité dans la spécialité, la différence ne pouvait se faire que sur les résultats de simple, qui situeraient P2h, avec 720 points récoltés et 520 seulement retenus (les 6 meilleurs tournois donc), aux environs du 10e rang mondial dans l'épreuve reine, étant entendu que, comme nous le soulignions plus haut, aucun tournoi facile n'était pour lui inscrit au programme en vue de remplir aisément le tiroir-caisse.


 
Approximativement donc 10e meilleur spécialiste mondial en simple... Des résultats assez homogènes dans les plus gros tournois et sur tous les types de surface... Une demi-finale à l'US Open... Etc., etc. Il serait injuste donc de vouloir cataloguer Pierre-Hugues comme simple joueur de double.
Et si tant est qu'on voulait tout de même le faire, qu'y a-t-il d'ailleurs de déshonorant pour un junior à particulièrement se distinguer dans ce type d'épreuve ? N'est-ce pas au contraire un atout majeur ? N'est-ce pas la promesse, surtout quand on a un jeu tel que celui de Pierre-Hugues, de bientôt faire de même en simple ? N'est pas d'ailleurs ce qui s'est toujours passé, à l'image de cet enchaînement à 2 mois d'écart, victoire à Wimbledon, demie à l'US Open. Un succès en duo ne fait qu'en préfigurer souvent un autre plus tardif en solo, comme cela a pratiquement toujours été le cas tout au long de la carrière naissante de notre jeune ami Ügi...


Dernière modification 22/01/2010

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