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"Ügi-san" dans les 100 !
Le "Soleil Levant" et l'air de la province du Kansai ont plutôt bien réussi à notre jeune ami "Ügi-san" (Monsieur Ügi en japonais).
Suite au beau parcours qu'il vient de réaliser en terre nippone à l'occasion de l'Osaka Mayor's Cup (voir ci-dessous) et grâce aux 65 points récoltés là-bas, Pierre-Hugues fait un bond de plus de 40 places et accède ainsi au 96e rang mondial dans le classement ITF junior paru ce lundi 13 octobre.

Toujours plus haut...
C'est sa meilleure position à ce jour et une progression tout à fait exceptionnelle, qui le place virtuellement dès aujourd'hui dans le Top 50 de la catégorie, puisque bientôt, fin 2008, les gars nés en 90, les "deuxièmes années" comme on dit (ils sont une bonne cinquantaine encore devant lui), quitteront les listes, laissant ainsi la voie libre aux plus jeunes sur le circuit.
Autrement dit, tout cela est de très bon augure dans la perspective des prochains grands rendez-vous inscrits au calendrier. Avec un tel ranking, P2h est désormais sûr, sauf circonstances vraiment exceptionnelles, d'intégrer le tableau final de tous les tournois majeurs qu'il projette de disputer dans les mois à venir.
Et cela commencera entre autres par l'Orange Bowl -18 et l'Australian Open. Le nouveau 96e junior mondial pourra s'y aligner en toute confiance et sérénité, avec la ferme ambition d'y faire fructifier son capital.
voir le dernier ranking ITF
"Osaka Mayor's Cup" ITF Junior (Japon, Grade A)
12-10 - Bhambri sacré à Osaka
L'indien Yuki Bhambri (N°18) était la 1ère tête de série du tournoi. Et il fait honneur à son statut de favori en remportant le trophée chez les garçons lors de ces "World Super Junior Tennis Championships".
Yuki Bhambri sur la plus haute marche (photo source ITF)

Les lauréats du double masculin sont les croates Vedran Ljubicic (N°225) et Marin Draganja (N°42), alors que chez les féminines la française Kristina Mladenovic (N°13) s'impose dans la discipline aux côtés de la hongroise Timea Babos (N°29).
Kristina, récente 1/2 finaliste à l'US Open s'incline comme Pierre-Hugues en 1/4 de finale du simple. Comme lui aussi, elle vous dira sûrement qu'elle pouvait faire mieux, mais, finalement, ni l'un ni l'autre n'ont à rougir de leur prestation.
Un titre en double plus 2 places en quart de finale en simple, sans compter le 1/4 en double de PH, cela reste un beau tir groupé pour 3 représentants tricolores esseulés à l'autre bout du monde (Amandine Hesse était aussi de la fête).
Il est à parier en tout cas que tous les participants occidentaux conserveront un excellent souvenir de cette escapade chez nos amis nippons. La qualité de l'accueil était excellente, les installations très confortables. Comme on pouvait s'y attendre, les organisateurs ont bien fait les choses en offrant aux joueurs d'excellentes conditions de "travail".
Mais, au delà, ce qui a vraiment marqué les esprits, c'est l'engouement du public japonais. Les spectateurs, fort nombreux, étaient enthousiastes et extrêmement admiratifs, à commencer par les fans et les chasseurs d'autographes.
Au sortir des vestiaires ou de la tribune des joueurs sur le central, il est fréquemment arrivé que nos jeunes champions juniors soient assaillis par une nuée d'admirateurs quasi-hystériques. Un vedettariat typiquement couleur locale, et un peu caricatural sans doute, qui aura eu au moins le mérite de donner à ces "futures stars" du tennis un avant-goût de ce qui les attend peut-être dans ce domaine sur le circuit d'ici quelques années.
Tableaux consultables en ligne ci-dessous
Simple et double
ou alors pour voir les pages consacrées au tournoi
sur le site de l'ITF : cliquer ici ou là
10-10, 2:00 PM - Bad "new"*
(*ça rime avec interview)
Pierre-Hugues a trébuché en 1/4 contre... "Ch'est qui chuichi ?" Ah oui ! Sekiguchi, Shuichi de son prénom (N°184), l'outsider japonais qui "croque" ainsi sa troisième tête de série de suite dans le tournoi.
le japonais Shuichi Sekiguchi (photo Hiromasa Mano)

6/3 7/5. Pierre-Hugues, de ses propres dires, rapidement captés au téléphone, semble avoir eu du mal à se repérer (visuellement) sur le court central de l’Utsubo Tennis Center, un court immense, "infesté" de supporters japonais, que son valeureux adversaire avait, en revanche, pour sa part, l'avantage d'avoir déjà pu arpenter et apprivoiser lors des tours précédents.
Les réglages étaient très mauvais en 1ère balle de service, les coups de fond de court souvent trop longs, et, pour ne rien arranger, le garçon a eu le sentiment que son jeu d'attaque gênait peu le joueur d'en face, un petit gabarit ultra-rapide qui, de son côté, réussissait fréquemment à faire la différence en se décalant en coup droit.
On ne peut s'empêcher d'avoir quelques regrets bien sûr, quand on sait que P2h a mené 5/2 dans le second avec un seul break d'avance, pour se faire reprendre, ne plus marquer un jeu et céder 7/5. Dommage! La preuve qu'il y avait sûrement de la place pour...
Mais il ne faut pas être trop pressé. Il est vrai que le gaillard fait toujours les choses à son rythme. Remplir son contrat oui, mais ne surtout pas aller trop vite, de peur de se brûler les ailes. Une certaine forme de sagesse...
On l'a déjà dit : "Petit à petit, l'oiseau fait son nid.
10-10, 9:00 AM - Interview
Aperçu des commentaires et impressions recueillies au téléphone hier après-midi auprès de Pierre-Hugues après ses 3 matches du jour.
« La journée a été dure. Il faisait extrêmement chaud, près de 30°.
Je suis déçu d'avoir laissé échapper la victoire en double tout à l'heure. Nous menions avec Henri (Laaksonen) un set zéro et 2/1 0/40, et je me sentais super bien, quand, tout à coup, j'ai eu une subite baisse de régime en ratant l'immanquable au filet. On aurait pu peut-être, sans ses erreurs-là, boucler le match vite fait et, au contraire, on les a laissé revenir, Bhambri/Huang se sont mis à jouer beaucoup mieux, et on s'est retrouvés embarqués dans un super tie-break qu'ils ont emporté haut la main. J'en rage.
Sinon, je suis super content. Au fil des matches, je m'aperçois que je joue de mieux en mieux. Contre Hsieh, j'étais super crispé au début. J'ai fait un 1er set très moyen. Je laisse échapper des balles de break dans le 1er jeu pour me faire breaker derrière, et débreaker aussitôt après. On tient notre service jusqu'à 5/4 pour lui, non sans que je sauve tout de même une balle de break à 4/3, et, là, à 5/4, avantage pour moi, je fais 2 doubles et je mets un revers dans la bande. Idiot...
Les 2 sets suivants, je suis plus relax et je prends mieux la mesure de son jeu, et finalement je m'impose sans trop de difficultés, malgré ses facéties, ses roublardises et ses coups d'intox.

le taïwanais Cheng-Peng Hsieh
(photo Hiromasa Mano)
Dans le deuxième, je mène 2/0, il revient à 2/2. Puis je le breake à 2 reprises.
À
5/2, il fait venir le kiné pour se faire soigner l'épaule.
À 6/2, il s'absente aux toilettes. Il tente divers trucs pour me déstabiliser, genre je me mets sur la ligne de service pour retourner ou je sers à la cuillère.
Mais, je continue mon bonhomme de chemin en lui rendant d'ailleurs quelquefois la monnaie de sa pièce. Et, au troisième, à 2/2, je me détache pour mener 4/2 puis 5/2 (break avec les balles neuves), pour terminer sur un jeu blanc au service.
C'est un joueur que je connaissais, pour l'avoir côtoyé sur les tournois en Thaïlande, et je savais qu'il était à la fois très talentueux et très imprévisible. Je pense donc ne pas être tombé dans le piège...
»
Merci de ce témoignage Ügi.
On rajoutera que ce n'est pas mal quand même d'avoir triomphé de celui qui est peut-être aujourd'hui le meilleur junior au monde en double, puisque couronné cette année entre autres, avec son compatriote Tsung-Hua Yang (N°2), à Osaka, Melbourne Park (Australian Open) et Wimbledon. Eh oui, les petits amis ! 2 Grands Chelems à son actif cette saison, Mr Hsieh, ! Excusez du peu !

(photos source ITF)
09-10 - Osaka dernière : P2h en quarts !
Selon les informations publiées tout récemment sur le site de l'ITF Junior, il l'emporte en 3 sets contre la tête de série N°3, le taïwanais Cheng-Peng Hsieh (N°40) sur le score de 4/6 6/2 6/2. Il affrontera demain, peut-être sur le central, l'un des 3 derniers représentants japonais dans le tournoi. Ce sera Shuichi Sekiguchi (N°184), grand pourfendeur aux 2 tours précédents des têtes de série N°9, Alex Sanders (N°73), et n°7, Nikala Scholtz (N°67).
En double, le tournoi est malheureusement fini pour Ügi. Au terme d'une très longue journée, le duo qu'il constituait avec le finlandais Henri Laaksonen a du en soirée rendre les armes 3/6 6/3 et 10/2 au super tie-break contre la tête de série 1, l'équipe formée de l'indien Yuki Bhambri (N°18) et du taïwanais Liang-Chi Wang (N°99). C'était le 3e match consécutif ce jeudi, après la victoire obtenue 6/4 6/1 auparavant contre la paire Kondo/Lin, et la fatigue a sûrement du peser dans les jambes du futur quart-de finaliste.
(photo Hiromasa Mano)
08-10 - Toutes les têtes de série masculines (sauf deux) sont en huitièmes
C'est pour le moment un quasi sans faute chez les garçons et P2h, tête de série N°16, n'est pas en reste. Il a tenu son rang comme les petits copains en se défaisant cette nuit à 3h du matin (10:00 heure locale), sur le court N°11, du qualifié japonais Hiroki Tsunematsu (N°1074).

(photo Kei Izawa)
« Ça a mieux marché qu'hier.
», nous confiait Pierre-Hugues au téléphone.
« J'étais moins contracté que contre Davis. J'ai joué un attaquant, qui montrait quelques faiblesses en coup droit et au service, et j'ai relativement bien contrôlé le match, malgré quelques gros passages à vide.
»
« Le scénario a été quasiment le même dans les 2 sets. Je lui chipe son service au 5ème jeu pour mener 3/2. Et je me fais reprendre aussitôt. Mais je rebreake derrière et cette fois-ci confirme sur mon service pour prendre mes distances 5/3. Ensuite, il réduirt l'écart sur son engagement , mais je conclus 6/4 au jeu suivant. En vérité, il faisait très très chaud aujourd'hui et le soleil était plutôt gênant d'un côté du court, et il s'est trouvé que j'en ai profité pour le breaker à chaque fois de ce côté-là.
»
La veille, notre jeune ami avait triomphé du 92 anglais Ben Davis (N°397) sur un score un tout petit plus serré. Le premier set avait été similaire aux deux disputés aujourd'hui, mais dans le second, après le changement de balle (tous les 11 et 13 jeux), Pierre-Hugues s'est fait quelques frayeurs. Il a laissé l'adversaire se détacher 4/1, avant de recoller à 4 partout et de l'emporter au tie-break, par 7 points à 3.
Très contracté pour ce 1er tour, joué en soirée, sous un plafond très bas et donc dans une semi-obscurité (le court ne disposait d'aucun éclairage), le garçon n'était pas satisfait de sa performance, déçu d'avoir commis autant d'erreurs contre un opposant qu'il jugeait pourtant de faible niveau et beaucoup trop attentiste.
Mais, bon ! Le britannique a du faire ce qu'il fallait, et le contrat est tout de même rempli. Et puis, tous les joueurs vous le diront : ce n'est jamais facile de rentrer dans un tournoi, ni de répondre présent quand on est le favori attendu. Deux choses qu'a réussi à faire pour le moment notre apprenti-champion, de même que les 2 autres tricolores engagées dans le tournoi : Amandine Hesse et Kristina Mladenovic. Les récentes finalistes des championnats de France -16, respectivement N°79 et N°13 mondiales, têtes de série N°12 et N°3 du tableau féminin, sont elles aussi qualifiées pour le 3ème tour.
En huitièmes, P2h affrontera demain jeudi le taïwanais Cheng-Peng Hsieh, tête de série N°3 et 40ème joueur mondial. Sinon, le 1er tour du double a été passé sans encombres (voir tableau) aux côtés du finlandais Henri Laaksonen, champion d'Europe individuel en titre chez les -16, et déjà partenaire à Villena (ESP) ou Villach (AUT) en avril-mai dernier.
05/10 - Tout est OK à Osaka
Mercredi 1er octobre, 6h34 du matin : Pierre-Hugues est de l'autre côté du Rhin, sur le quai de la gare de Kehl, et il embarque dans un train qui l'amènera, après 2 changements (Offenburg, puis Mannheim), jusqu'à l'aéroport de Francfort, d'où il prendra à 10h45 un vol pour Helsinki, avec une correspondance prévue là-bas en soirée pour Osaka au Japon.
Jeudi 2 octobre, 13h : Pierre-Hugues pose le pied sur le tarmac de l’aéroport Kansai International, rejoint son hôtel et commence une nouvelle aventure en solitaire, pour disputer, au Pays du Soleil Levant, la "Osaka Mayor’s Cup", une des compétitions les plus cotés sur le circuit Junior ITF.
Ce tournoi japonais en effet est un
Grade A
, et des Grade A, il n'y en a que 9 de par le monde tout au long de la saison. Outre celui-ci, il y a bien sûr les 4 Grands Chelems (Australian Open, Roland Garros, Wimbledon, US Open), mais aussi, dans l’ordre chronologique, 4 rendez-vous majeurs moins connus du grand public, à savoir, en janvier au Mexique
la "Copa Casablanca", en mars au Brésil
la "Copa Gerdau", en mai en Italie le "Trofeo Bonfiglio" et en décembre aux USA l’Orange Bowl.
Chacun de ces tournois distribue une belle collection de points aux petits malins qui ont la bonne idée d’y passer quelques tours. Et, parmi ceux-là, à grille de récompenses égale, l’Osaka Mayor’s Cup est sans doute le tournoi qui présente la concurrence la moins relevée.
Explication : la date, l’éloignement, le coût du billet d’avion, l’isolement (il n’y a aucun autre gros événement qui se déroule avant ou après dans cette zone du globe), bref un ensemble de paramètres qui amènent les fédérations et les joueurs à plus qu’hésiter à faire un aller-retour à une telle distance pour ne disputer qu’un unique tournoi, fusse-t-il l’un des plus réputés de la planète en termes d’accueil et d’organisation.
Pour Pierre-Hugues et son entourage, ce fut donc un choix stratégique : 1/ acheter un billet d’avion en juin, donc suffisamment tôt pour ne pas avoir à le payer un prix exorbitant ; 2/ prévoir de faire le déplacement sans coach pour des raisons d’économie ; 3/ tabler entre-temps sur une progression au classement qui garantisse au joueur d’intégrer à coup sûr le tableau final ; 4/ compter le moment venu là-bas sur un peu de chance, un bon tirage, qui permette de survivre quelques temps dans le tournoi et donc de ramener un bon paquet de points, en vue… ; 5/ de renouveler l’opération quelques semaines, quelques mois plus tard, d’abord début décembre en Floride à l’Eddie Herr (chez Nick Bolletieri à Bradenton) et à l’Orange Bowl (Key Biscayne), puis courant janvier pour la tournée australienne Traralgon, Nottinghill, Australian Open.
Pari déjà en partie gagné… puisque, pour l’instant, le résultat dépasse les espérances. Pierre-Hugues est monté depuis de la 220e à la 135e place mondiale et sa position sur la liste des engagés, 26e pourtant au tout début, lui a valu, compte tenu de nombreux retraits tardifs (voir explications plus haut), de se voir attribuer le statut de tête de série N°16 (la petite dernière !), une situation quelque peu protégée avec, à la clef, la quasi certitude en tout cas de ne pas tomber sur l’une des grosses pointures du tableau au 1er tour et donc de voir augmenter les probabilités de gagner quelques matches dans le tournoi.
C’est toujours ça de pris, quoi qu’il en advienne. Et le sort a désigné comme adversaire du 1er tour pour P2h le britannique Ben Davis (N°397) qui n’est sans doute pas l’oppo
sition la plus redoutable qui soit, même si ce joueur reste bien classé
et doit être acclimaté à l’ambiance asiatique, puisqu’ayant disputé au préalable, les 15 jours précédents, un Grade 2 et un Grade 3 en Chine.
Il ne reste plus à l’intéressé qu’à faire le plus dur… concrétiser les espoirs qu’on place en lui et gagner demain sur les terrains en Deco Turf (dur) de l’Utsubo Tennis Center, magnifique stade comprenant 16 courts dont un central pouvant accueillir près de 10.000 spectateurs.
les pages Web du tournoi (attention, c'est en japonais !)
sur la Kansai Tennis Association
ou la Fédération japonaise

03/02/2009