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Tournée "Green Clay" en Floride
Futures de Plantation et Tamarac
10000 $
Tamarac (10000 $)
mercredi 19 janvier
Lucky Luke au tapis
C'est mort à Tamarac !
Lucky Luke, "l'Ügi lucky", a définitivement passé l'arme à gauche dans le tournoi, trucidé par Phillip Simmonds, une sorte de version locale TOP 600 (ex N°219 ATP quand même) de notre valeureux Gaël Monfils. L'apparente nonchalance et la couverture de terrain du noir américain de 24 ans ont eu raison du ressuscité de la veille, encore et toujours moribond, mais un peu plus épanoui néanmoins. Et c'est là l'essentiel, puisque globalement la santé, la bonne humeur, le sourire sont de retour.

l'américain Phillip Simmonds (photo source Web)
Pierre-Hugues va mieux. Il sort progressivement de 3, 4 jours de fatigue, de fièvre, de gastrite, vraisemblablement dues à une intoxication alimentaire. Et la performance d'aujourd'hui, bien qu'anémique, l'a réconcilié avec lui-même et les bases de son jeu. Autrement dit, même si elle s'est soldée par une défaite logique, elle pèsera sans doute positivement sur les matches et les entraînements à venir.
Car cette partie, au delà de la santé retrouvée, fut surtout celle de la reconstruction technique et tactique. Finis ou presque les états d'âme et tergiversations dûs à l'utilisation, inhabituelle bien sûr, du revers à 1 main, utilisation rendue nécessaire par une blessure au poignet gauche. Le convalescent a fait avec les moyens du bord, et en serrant normalement "les boulons" côté gauche, il a pu constater évidemment que c'est le côté opposé qui se mettait à flancher. Rien d'étonnant à cela. Quand on colmate les fuites d'un côté, c'est aussitôt de l'autre que le bateau prend l'eau. Autrement dit, sur ce match, le revers a bien fonctionné dans l'ensemble, avec les avantages et les inconvénients connus d'une exécution à 1 main. En fait, le coup qui n'a pas été à la hauteur et donc aussi efficace qu'on pouvait l'attendre, c'est bel et bien le (coup) droit. Comme si l'attention déployée, mobilisée, pour tenir la baraque côté revers manquait cruellement pour ajuster comme il se doit le placement et fignoler la technique en coup droit.
Difficile d'être partout à la fois... Cette expérience "revers", déjà vécue au 1er trimestre 2007 (voir Newsletter N°13, p.4), tout comme celle de jouer en étant diminué par des problèmes de santé, associée à une demi-finale lors de l'US Open 2009 (cf. archives p2h.fr), sont à méditer. Globalement, bien d'autres événements ont d'ailleurs émaillé cette "rude" campagne tennistique de 2 mois au cœur du "terrible" hiver floridien et caribéen, dont beaucoup n'ont évidemment pas été rapportés ici. À Pierre-Hugues de capitaliser dessus, pour encore davantage progresser à son retour en Europe, où l'attendent d'importantes échéances sur le circuit pro dans les semaines et les mois à venir.
Savoir mettre les choses en perspective. Ne pas se goinfrer d'un résultat immédiat, d'une impression éphémère qui ne sont souvent qu'un dangereux trompe-l'œil, une défaite faisant souvent par exemple ressortir de manière trop caricaturale les failles de notre système de jeu, alors qu'on porte un regard euphorique sur certaines victoires pourtant bien imparfaites elles aussi.
Dans le contexte de 10000 $ à la participation très relevée, joués dans des conditions et des environnements renouvelés, de même qu'au fil d'entraînements ayant occasionné toutes sortes de fructueuses rencontres, Pierre-Hugues a pu entre autres apprécier "bon an mal an" les limites de ses progrès actuels, des progrès notoires et effectifs sur le terrain, et qui sont illustrés par son récent et très spectaculaire bond au classement ATP.
Alors oui, bien sûr, vous me direz, P2h, la "star naissante", n'a marqué qu'un point sur la "green clay" américaine au terme de 2 tournois un peu tristounets, après avoir plutôt fait des miracles (18) en République Dominicaine.
Le contraste est certes saisissant. Mais méfions-nous des apparences ! Le gaillard est égal à lui-même. Il ne s'est sans doute rien passé de très différent en Floride, de ce qui s'est passé à Santo-Domingo, ou même encore un peu plus tôt lors du Challenger d'Aachen.
La vie continue avec ses hauts et ses bas, et c'est simplement pertes et profits. L'important maintenant pour le champion, ça va être de savoir rebondir.
le tableau de qualifs à Tamarac
le tableau final à Tamarac
le tableau de doubles à Tamarac
mardi 18 janvier
Heureux perdant ?
Journée glauque ce mardi à Tamarac / Fort-Lauderdale pour Pierre-Hugues malgré un temps de rêve et un soleil radieux sur la Floride. C'est en effet le Ügi des mauvais jours qu'on a vu traîner sa grande carcasse aujourd'hui 2 matches durant.
Toujours souffrant, affaibli par des problèmes gastriques, et d'une humeur plutôt maussade, et ce malgré le report de son dernier tour de qualifs à aujourd'hui pour cause de pluie persistante hier, le jeune homme, avec un jour de récup' supplémentaire, n'a pu faire autrement que de s'incliner à 2 reprises sur les courts du "Woodmont Country Club".
Au dernier tour du tableau de qualifications, alors que les 2 hommes en étaient restés à un seul point joué dans leur duel prévu la veille (15/0 P2h), la tête de série N°2 a d'abord subi en simple la loi de la tête de série N°14. Le gaucher barbadien Haydn Lewis, 1030e joueur mondial (583 en août 2008), très motivé, s'est imposé 7/6 6/0 en 1h45 de jeu devant un adversaire crispé, ronchon, gèrant très mal en tout cas le peu d'énergie qu'il lui restait.
La leçon fut à peine retenue pour le double 3h30 plus tard, à l'occasion duquel Pierre-Hugues, associé au transalpin Stefano Ianni, retrouva son bourreau du matin, Haydn Lewis, associé au bahaméen Marvin Rolle. Malgré une position de tête de série N°1 et 900 places d'écart au classement entre les deux équipes, le duo franco-italien, pas très inspiré, s'inclina 6/4 3/6[10/8] contre une excellente paire "couleur Caraïbes", au tennis très enjoué, et ce au terme d'un match un tantinet encore trop hésitant et gémissant côté strasbourgeois.
Entre-temps, après sa défaite en simple du matin, P2h avait au moins un peu égayé et rattrapé la journée, en présence du juge-arbitre, en se tirant lui-même au sort (on n'est jamais mieux servi que par soi-même !) comme lucky loser. Spécificité bien sympathique des tournois internationaux jeunes et adultes, et histoire de vous rappeler que tout cela n'est qu'un jeu, et que le hasard y tient pleinement son rôle, les règles des circuits TE, ITF, WTA et ATP prévoient de toujours de requalifier un ou plusieurs joueur(s) éliminé(s) au derniers tours des qualifs en cas de désistement(s) de dernière minute dans le grand tableau.
Le N°496 mondial, pourtant bien moribond aujourd'hui, est donc un miraculé. Il se voit offrir une seconde chance de poursuivre son parcours dans ces "Lawrence D. Share Company Championships". À lui maintenant de la saisir, cette chance, en commençant par trouver le moyen de se requinquer un peu d'ici à demain 10h, heure locale, horaire de son match contre le qualifié américain Phillip Simmonds, N°569, une pointure.
le tableau de qualifs à Tamarac
le tableau final à Tamarac
le tableau de doubles à Tamarac
dimanche 16 janvier
Encore un petit tour Mansour...
C'est un Pierre-Hugues patraque, fièvreux, qui s'est qualifié aujourd'hui pour le 4e et dernier tour des qualifs à Tamarac.
Évoluant toujours avec un revers à une main pour cause de poignet gauche douloureux, le malade a réussi à conjurer le sort en s'imposant très facilement, et à sa plus grande surprise, 6/2 6/1 devant le canadien Pavel Krainik (N°1409). Dans à peu près le même état la veille, il avait également eu l'étonnement de survoler 6/3 6/1 sa partie du 2e tour qui l'opposait à l'américain Benjamin Rogers, un attaquant-frappeur pourtant très dynamique, un joueur qui semblad'ailleurs tout aussi désorienté hier sur le court que Krainik le fut aujourd'hui par le tennis varié et délié de P2h.
Quant au 1er tour de mardi, disputé avec un état de santé normal, il avait permis à P2h de produire un véritable récital, avec entre autres 3 magnifiques rétros gagnants . Un récital qui l'a vu infliger en 47mn une magistrale correction 6/0 6/0 au jeune argentin Mateo Rivas, devant les yeux éberlués de son papa Guillermo, un ancien N°100 mondial, qui dès lors entend comparer "Monsieur Ügi" au vénérable Mansour Barhami. Élogieux !
Plantation (10000 $)
jeudi 13 janvier
Impasse, perd et manque
Dominant ce Domijan ! À plus forte raison lorsque l’adversaire lui laisse le champ libre. Ce qui fut malheureusement le cas aujourd’hui face à un P2h décidément un peu trop timide quand il est aux prises avec les très grands gabarits, type bombardier B52.

Alexander Domijan
Alexander Domijan…, un physique pourtant improbable pour un joueur de tennis... Une grande perche "ricaine" bien dans la lignée des Querrey, des Isner, mais encore plus empâtée en apparence, encore plus handicapée par sa grande taille. 2m04, les pieds en canard, un jeu de jambes pachydermique, une technique de camionneur, une coordination de pelleteuse mécanique, mais un jeu d’attaque ultra réaliste, une grande concentration, et surtout un coup d’œil "aquilin". Un joueur, "sponsorisé" Caterpillar, qui, d’un côté, se sait vulnérable, se sent menacé, en grand danger avec ses grands abattis à l’idée de devoir défendre, et qui, de l’autre évidemment - instinct de conservation oblige ! - convertit ce stress en une intensité au combat exemplaire, notamment à la pointe de l’attaque, répétant, à sa manière et de façon très personnelle, les mêmes schémas - gros services, frappes lourdes du fond, décalages et montées en coup droit - pour se ruer au filet à la moindre occasion, et ce malgré un toucher et une agilité à la volée proches du néant.
Domijan a du mérite. Dieu que oui ! Et, à 19 ans, c’est aujourd’hui, assez loin derrière Ryan Harrison, l’un des plus sérieux espoirs au pays de la bannière étoilée. Un adversaire d’évidence très difficile à manœuvrer et qui joue comme tous les grands costauds, avec toutefois un comportement très atypique, et une dégaine vraiment originale.
Souvenons-nous. De Schepper, Del Bonis, Oswald, Verryth, il y a 3 mois, un an, 2 ans, l’équation faisait à chaque fois le double mètre et un bon quintal, et Pierre-Hugues, battu en 2 sets secs, n’est jamais parvenu en ces occasions-là, à Nevers, Metz, Vaduz ou Melbourne, à la résoudre, lui qui possède pourtant des arguments évidents pour contrer ce genre de grosse artillerie.
À quoi cela tient-il ? C’est sans doute en premier lieu une question d’état d’esprit, de posture mentale.
Ce genre de match en effet sort de l’ordinaire. L’adversaire propose quelque chose de très différent, parce qu’il présente un physique hors du commun. Ainsi, il faut être capable de se mettre à la place du gars d’en face, comprendre sa problématique, l’impasse dans laquelle il se trouve (comme tout un chacun d’ailleurs). Et, ce faisant, accepter ensuite de subir la déferlante adverse, de jouer avec les miettes, puisqu’il n’y a pas d’autre choix, puisque l’adversaire n’a pas d’autre ressource que de nous offrir cette réplique, que d’exploiter ses propres qualités.

Car oui, que ferions-nous si nous mesurions plus de 2m et pesions plus de 100kg ? Jouerions-nous autrement que ces colosses-là ?
Quand on a du mal à bouger, quoi de mieux, quoi de plus intelligent que de s’arranger justement pour qu'on n’arrive pas à vous bouger. Autrement dit, être lent et exploiter cette lenteur pour déstabiliser l'adversaire. Être lourd, et envoyer du lourd. Se poser là et en imposer. Opposer une énorme force d'inertie à la plus grande vélocité, explosivité adverse... Et attendre... Attendre que l'autre gigote le premier sous la pression, physiquement, mentalement, pour capter l’information, s’appuyer dessus, et développer de plus belle face à lui un tennis ultra puissant et minimaliste. Telle est la logique implacable du basketteur, du Sébastien Chabal perdu sur un terrain de tennis. Et telle est celle qu'applique consciencieusement le grand Alexander Domijan.
Mais, est-ce qu'il faut désespérer pour autant lorsque pleuvent les obus ? Certes non, puisque juste derrière le piège, le point fort, le coup qui tue, il y a l"impasse dont nous parlions déjà plus haut, la faille irréversible, l’incapacité absolue de réagir.
Un talon d'Achille que Pierre-Hugues , encore un peu trop naïf et impressionnable, n'a pas su exploiter chez le grand Alexander Domijan. Résultat : un match savonette perdu 6/4 6/4 ; le "truc" frustrant par excellence ; un break pour l'américain au début de chaque set ; la course qu'il faut faire derrière ; l'autre qui s'engouffre dans la brêche, le pied à fond sur l'accélérateur, et empile les grosses 1ères et les coup droits gagnants pour verrouiller le jeu sur ses services ; du coup, pas la moindre balle de break ; le sentiment d'impuissance absolu. À la limite de la fessée... Adieu les quarts de finale !
Par-dessus le marché, avec cette défaite, Ügi aura découvert à ses dépens une autre subtilité du circuit des Futures ITF, pour ne pas dire une exclusivité made in USA.
Une situation en tout point inconcevable, nous semble-t-il, en Europe, et a fortiori dans l’hexagone.
Prenez en effet 3 joueurs dûment inscrits dans 2 tournois successifs, en l’occurrence ici les 10000$ de Plantation et Tamarac, des tournois censés se dérouler à la suite l’un de l’autre sur 2 semaines consécutives. Et imaginez que ces 3 joueurs vont être obligés, alors qu’ils ne viennent que de franchir le 2e tour du 1er tournoi, de jouer dès le lendemain, non seulement un quart de finale dans ce tournoi, mais en plus les qualifs du suivant.

Ici aux States, ça semble classique, et Odesnik, Sajous, Simmonds sont dans ce cas après leur victoire à Plantation.
Quant à Pierre-Hugues, il est doublement refait, car après son élimination d’hier, il n’a plus aucune chance, lui qui était pourtant très bien placé (3e) sur la liste des qualifs d’intégrer le tableau final à Tamarac, comme c’est souvent le cas dans les autres tournois, lorsqu’on occupe ce genre de "fauteuil de suppléant".
Explication technique. Ici à Plantation et Tamarac, tout comme à Weston et Palm Coast, les tournois suivants floridiens, les qualifications sont "blindées" et réunissent 128 concurrents. Elles débutent le vendredi et se terminent le lundi, le 1er tour du tableau final se déroulant à cheval sur le mardi et le mercredi, avec en perspective un tour par jour jusqu’à la finale prévue le dimanche d’après. Situation peu commune donc sous nos longitudes, mais fréquente ici apparemment, les chances de voir des joueurs bénéficier des fameuses places de "special exempt" sont complètement démultipliées, puisque, au lieu que ce ne soient que les finalistes ou demi-finalistes qui puissent y prétendre, ce sont dès lors chacun des 8 vainqueurs du 2nd tour qui peuvent y être éligibles.
Ainsi, à Plantation, jeudi soir, à l’heure du sign-in pour les qualifs à Tamarac, ils n’étaient pas moins de 5 candidats pour 2 positions de "special exempts" disponibles, des positions qui d’ordinaire restent souvent inutilisées en d’autres contrées, et profitent donc, dans l’ordre, aux premiers prétendants sur la liste des qualifs (N°1, 2, 3 ou 4), en fonction aussi du nombre de désistements de dernière minute dans le grand tableau.
Très concrètement donc, après les résultats du 2e tour dans ce "USA F1", Smethurst et Bocko sont "special exempts" dans le "USA F2", en vertu du classement à l’inscription du premier (N°495) et du classement protégé du second (à peine plus haut !). Odesnik (N°77 mondial en avril 2009), Sajous et Simmonds, bien que vainqueurs comme eux et quart-de-finalistes le lendemain, sont "dehors" et joueront donc en parallèle leur "1/4" à Plantation et leur 64e de finale dans les qualifs de Tamarac, un club heureusement distant de seulement 10 miles (15km) du premier.
Quant à Pierre-Hugues, il a "tout faux" bien sûr. À moins de multiples retraits inespérés dans le tableau final du second tournoi, où les places sont très chères vu les "rankings" incroyablement élevé des participants, il peut "se gratter". Il n’a désormais plus aucune chance de faire partie des 24 élus appelés à disputer le grand tableau (18 directement acceptés, 2 special exempts et 4 wild cards) malgré son très haut rang à l’ATP (N°496).
Un mal pour un bien peut-être, étant donné que l’un des objectifs affichés pour cette seconde moitié de tournée était, après avoir évolué 3 semaines durant sur une surface dure très conventionnelle en République Dominicaine, de se familiariser avec la "green clay", la terre battue verte américaine Har-Tru, dite souvent par chez nous Canada-Tenn®, du nom d’un de ses fabricants.
À lui donc d’enquiller 4 victoires consécutives dans ce tableau préliminaire pour parfaire son apprentissage sur la surface et s’octroyer un des 8 passeports pour le tableau final, afin d’évoluer dans la cour des grands la semaine prochaine, comme c’était évidemment prévu à l’origine si la participation au tournoi avait eu le profil escompté.
le tableau final à Plantation
le tableau de qualifs à Plantation
mercredi 12 janvier
Ügi joue à la baballe
Qu’est-ce qu’un bon match ? Qu’est-ce qu’un mauvais ? Difficile à évaluer avec certitude. La seule vérité vraie, c'est que les matches sont tous différents, et donc chacun à leur manière riches d’enseignements, voilà tout !
Ainsi la "récolte" d’hier à "Plantation" n’a pas été sans intérêt. Cela faisait en effet une paye qu’Ügi n’avait plus joué de partie style marathon de fond du court. Près de 350 échanges au total sur l’ensemble du match, le contraste, en tout cas, aura été ici flagrant par rapport au profil tactique de ses récentes sorties sur dur, ou sur moquette, à commencer par exemple par la copie rendue par les 2 protagonistes lors de son duel contre Dustin Brown à Aachen, ou surtout Simon Cauvard à Orléans.
Comme si, devant Maksim Tikhomirov, un renvoyeur pourtant pas très dissuasif au service et sur sa ligne de fond de court, P2h avait eu envie de tester ses limites en régularité coup droit et revers, ou de se faire, ce qui revient au même, une bonne cure de gammes croisées et long de ligne.
Why not ? 7/5 6/2. La victoire fut certes un peu laborieuse contre un joueur non classé à l’ATP, la tension même latente au milieu du 1er set, mais finalement l’apprenti champion s’en est sorti, il a réglé son timing et il aura du coup maintenant l’occasion de changer de registre et de se perfectionner encore davantage au tour suivant face à Alexander Domijan, un géant américain de 2m04, âgé de 19 ans comme lui, et qui ne lui laissera logiquement pas le loisir a priori de "jouer à la baballe" au fond du court.
mardi 11 janvier
P2h, Charly, Seb et les autres...
Après la République Dominicaine, et quelques vacances passées en famille dans l’intervalle à la Martinique, Pierre-Hugues poursuit à présent sa campagne hivernale de revitalisation en Floride où il est venu, entre autres, disputer deux 10 000 $ du 10 au 23 janvier, à Plantation et Tamarac, 2 localités proches de Fort-Lauderdale à 50km au nord de Miami.
Le point de chute du tandem Herbert père et fils là-bas ? Comme l’an passé pour l’Orange Bowl, Palm Beach Gardens, 100km encore plus au nord en remontant sur la côte est…, dans une sorte de petite "concession alsacienne"…, chez Charles-Edouard Maria, un ancien de "feu le Lawn", du SRC, originaire de Schweighouse-s/Moder, ex Promo et 390e joueur mondial.
Installé dans le secteur depuis 10 ans maintenant, "Charly" pour les intimes dispose, qu’on se le dise, "at home" de tout le nécessaire pour accueillir de petits groupes de compétiteurs désireux (avec ou sans leur coach) de se perfectionner sous le soleil de Floride : un court de tennis dans le jardin, quelques chambres d’hôte, et avant toute chose, en plus de son expérience, sa légendaire bonne humeur.

Charly, "Seb" Grosjean, P2h et Benjamin Balleret
Un cocktail qu’apprécie particulièrement P2h, d’autant qu’il trouve à chaque fois, dès qu’il le faut, en la personne de Charles-Edouard, un sparring-partner efficace et motivé pour lui donner la réplique, à moins qu’en remplacement ce dernier ne lui organise un rendez-vous avec quelque autre "fine raquette" de sa connaissance.
Exemple du genre de partenaire trié sur le volet par Charly : Mister Sébastien Grosjean lui-même, un jeune retraité stoppé il y a peu (2009) dans sa carrière, et un peu trop tôt malheureusement à son goût, par une épaule douloureuse, opérée depuis.
De toute évidence, "Seb", comme en attestait son excellente performance face à Pierre-Hugues en finale du double du Challenger d’Orléans (cf. ), n’a pas perdu la main et il est toujours partant, histoire d’entretenir sa forme, pour "taquiner un peu la boulette". Quelques gammes par-ci, un +1+2+3 par-là, suivi par exemple d’un petit double pour couronner le tout, l’ex N°4 ATP est ouvert à tous les types d’exercice ou de séance et, quel que soit le contexte, vous apprend sur le terrain mieux que n’importe qui ce que le mot "jouer" veut dire. Les 3 entraînements programmés avec lui, en plus de se dérouler dans une atmosphère très conviviale, furent en outre l’occasion pour Pierre-Hugues de découvrir par son intermédiaire l’univers bien particulier des "country clubs", de luxueux clubs privés à l’accès réservé, dans lesquels il a ses entrées du côté de Boca Raton, là où il réside, lui qui a jeté l’ancre en Floride avec sa petite famille depuis le tout début de sa carrière. Alors, qu’est-ce qu’un "country club" ? Eh bien, un concept bien américain de complexes sportifs intégrés (tennis, golf, piscine, fitness, all inclusive, avec restaurant, salle de bridge, etc.) situés au milieu d’immenses parcs résidentiels, des espaces clos à la végétation florissante, destinés prioritairement à de richissimes retraités, qui possèdent en leur sein de splendides demeures, entourées d’aussi splendides jardins, et peuvent pratiquer donc librement à la porte de chez eux toutes sortes d’activités physiques et sportives.
Et puis, il y a eu aussi la rencontre avec Emmanuel Vanderpol, la séance d’entraînement qu’il dirigea pour Charly et P2h dans son club à Eastpointe. Emmanuel, un enseignant de tennis français, installé depuis 20 ans dans le coin et qui est aussi une vieille connaissance de papa Jean-Roch, en même temps qu’il fut - coincidence ! - ici en Floride, avant Charles-Edouard Maria justement, l’entraîneur historique d’un certain Cyril Martin (de 12 à 18 ans). Le monégasque Benjamin Balleret et le palois Thomas Cazes-Carrères furent aussi de la fête l’un ou l’autre jour. Bon, bref, entraînements sympas, cadre idyllique, partenaires de choix, …tout va bien, le moral est au beau fixe. La seule ombre au tableau, c’est le poignet gauche d’Ügi. Impossible pour lui depuis quelques jours d’exécuter des revers à deux mains. Le "grand chef" a donc l’occasion de se prendre pour Wawrinka, Almagro ou Federer, et d’envoyer de ce côté des missiles à une main, comme si de rien n’était. Bizarre néanmoins cette blessure, d’autant que les séances de reprise, toute fin décembre, qui avaient précédé l’incident, s’étaient déroulés sur le mode pianissimo, et que suite à cela, de façon inexplicable, la douleur est apparue sans crier gare. On verra ce que ça va donner dans les prochains temps, sachant que pour le moment la douleur est stationnaire et qu’il n’y a pas d’amélioration en vue…
20/01/2011